Suspicion de favoritisme sur la Tour Triangle : « Il se peut que beaucoup d’élus et de hauts fonctionnaires soient impliqués », dénonce Olivier Rigaud

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Article intégral à retrouver sur ce lien : https://www.epochtimes.fr/suspicion-de-favoritisme-sur-la-tour-triangle-il-se-peut-que-beaucoup-delus-et-de-hauts-fonctionnaires-soient-impliques-denonce-olivier-rigaud-3243206.html?ea_src=category&ea_pos=col-top&ea_elmt=latest-news&ea_cnt=1

ENTRETIEN – Olivier Rigaud est cofondateur du collectif contre la Tour Triangle, un collectif associatif lancé en 2011. Alors que le gratte-ciel devrait être inauguré en 2027, le militant associatif revient sur les controverses qui ont entouré ce projet, notamment les soupçons de favoritisme visant la mairie de Paris au profit de l’entreprise Unibail. Il se dit également satisfait du combat mené depuis plus de dix ans contre la construction de la tour.

Julian Herrero
24 avril 2026

Tour Triangle – Même si la tour va être livrée l’année prochaine, nous avons su influencer les élus du Conseil de Paris pour les futurs projets, se félicite Olivier Rigaud.
Epoch Times – Pourquoi le projet de construction de la Tour Triangle a-t-il suscité une vive opposition des Parisiens ?

Olivier Rigaud – Tous les Parisiens ont gardé un goût amer de la construction de la tour Montparnasse. À l’époque, ce projet avait été tellement critiqué qu’il n’a plus été question pendant une quarantaine d’années de construire des tours dans Paris.
Mais en novembre 2007, l’exécutif parisien a lancé une vaste enquête publique dont l’un des volets comportait la construction de tours de grande hauteur à Paris. Environ 120 000 Franciliens avaient été consultés.
À l’issue de l’enquête, 63 % des personnes consultées s’étaient déclarées hostiles à la construction de nouveaux immeubles de grande hauteur.
Malheureusement, la mairie de Paris n’a pas tenu compte de ce résultat puisqu’en 2008, l’ex-maire de la capitale Bertrand Delanoë a rendu public le projet de construction de la Tour Triangle. L’idée consistait très certainement à donner une image plus « moderne » de la ville. C’est ainsi que le débat autour du bâtiment est né.

Quelle est votre analyse des soupçons de favoritisme impliquant la mairie de Paris au bénéfice de l’exploitant privé Unibail ?

Cette suspicion de favoritisme est dénoncée depuis des années. Quand nous nous sommes opposés par voie juridique au permis de construire, la mise en concurrence pour le renouvellement du bail à construction du parc des expositions de la Porte de Versailles ne nous semblait pas équitable. À l’époque, nous avons néanmoins décidé d’arrêter nos poursuites (au Pénal pour limiter nos frais de Justice) et cette affaire s’est éteinte.
Mais en 2020, un rapport de 70 pages de la Chambre régionale des comptes d’Île-de-France nous a encouragés à nous pencher à nouveau sur la question.
Le document semble faire la démonstration que nous sommes en présence d’une passation de marché public non équitable.
Par ailleurs, des personnalités politiques à l’instar de Rachida Dati ont fait un signalement article 40 auprès du Procureur de la République et l’association Anticor (association anticorruption) a déposé une plainte au Parquet National financier.
S’en est suivie l’ouverture d’une procédure d’instruction préliminaire, puis d’une procédure d’instruction décidée par le Procureur de la République financier. Des perquisitions ont même eu lieu à l’Hôtel de Ville en juillet 2022 et au siège d’Unibail-Rodamco-Westfield en avril 2023.

Pourquoi parle-t-on d’un droit d’entrée de 263 millions d’euros ?

Dans le cadre du projet de la Tour Triangle, le groupe Unibail-Rodamco-Westfield (alors, Unibail) a demandé la résiliation anticipée du bail à construction du Parc des expositions de la Porte de Versailles, initialement prévu jusqu’en 2026, afin de pouvoir moderniser le site. Cette résiliation, intervenue en 2015, a donné lieu à une indemnisation calculée sur la base du chiffre d’affaires que l’entreprise aurait perçu jusqu’au terme du bail, soit environ 263 millions.
Pour justifier que l’opération ne coûterait rien aux finances publiques, la Ville de Paris a mis en place un mécanisme consistant à exiger du futur titulaire de la concession un droit d’entrée du même montant. En théorie, cette somme devait compenser l’indemnité versée.
Cependant, dans les faits, ce montage avantageait fortement Unibail : si le groupe remportait le nouvel appel d’offres, ce qui a été le cas, il n’avait en réalité rien à payer, puisque le montant du ticket d’entrée correspondait à l’indemnisation qu’il recevait.
En revanche, tout autre candidat, comme GL events, aurait dû s’acquitter de ces 263 millions d’euros sans compensation, ce qui semble constituer un désavantage majeur.
C’est pourquoi la chambre régionale des comptes d’Île-de-France a estimé que le montage est déséquilibré et porte atteinte à l’égalité entre les candidats, un principe fondamental du droit des marchés publics. Ce déséquilibre, combiné à des échanges internes révélés par le Canard Enchaîné en avril 2025 puis Libération en avril 2026, laissant penser que le projet pourrait avoir été préparé en amont avec l’exploitant en place, alimente les soupçons de favoritisme.

Selon des révélations du Canard enchaîné remontant à mai 2025, en février 2010, Élisabeth Borne, alors directrice de l’Urbanisme à la mairie de Paris, aurait envoyé des e-mails à ses collaborateurs semblant contenir des éléments de langage de l’entreprise Unibail-Rodamco. « Éviter de dire « on s’est mis d’accord avec Unibail », mais [dire] « nous avons expliqué tout cela à Viparis » (filiale d’Unibail) », est-il notamment écrit dans le courriel. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Nous parlions à l’instant de suspicion de délit de favoritisme. Dans ce cas précis, nous pourrions évoquer une suspicion de collusion entre des sociétés privées et des élus, ce qui est encore plus grave. Sur le plan pénal, des sanctions très lourdes peuvent être prononcées contre des élus tentant de s’arranger avec des entreprises.
Il peut être question de 10 ans de prison, d’un million d’euros d’amende, voire plus si l’on agit en bande organisée.
Maintenant c’est au magistrat du parquet national financier de vérifier qu’il n’y a pas eu favoritisme, ni collusion.
Par ailleurs, je m’étonne que ces mails révélés par la presse ne soient pas sortis plus tôt.
Doit-on envisager qu’un certain nombre d’élus, de hauts fonctionnaires et de fonctionnaires aient volontairement fermé les yeux sur cette situation ? Je rappelle que s’ils avaient connaissance d’une quelconque infraction ou d’un quelconque délit, ils devaient faire un signalement article 40 au Procureur de la République. C’est une obligation.
Ce dossier, maintenant dans les mains du Parquet National Financier, pourrait non seulement être lourd de conséquences, mais aussi impliquer énormément de monde.

La Tour Triangle va être inaugurée l’année prochaine. Que reste-t-il à espérer pour les opposants au projet ?

Nous nous sommes fait une raison. Nous savions que notre combat contre la construction de cette tour ressemblait à celui du pot de terre contre le pot de fer. Néanmoins, nous avons quand même remporté, d’une certaine manière, une victoire.
Nous avons réussi à influencer nos élus au Conseil de Paris. Aujourd’hui, il n’y a plus de majorité pour déroger aux règles de plafonnement et construire d’autres immeubles de grande hauteur dans Paris.
Nos élus ont compris que ces tours sont une aberration environnementale et sociale et que l’on peut faire mieux et moins cher pour le bien de la planète et des Parisiens.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

Julian Herrero

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Tour Triangle : Tour Triangle : entre soupçons de collusions et passage en force de la Mairie de Paris

Vidéo intégrale à retrouver sur : https://www.youtube.com/watch?v=i4F57Xr9XCA&t=3s

tour triangle - soupcons collusion et passage en force mairie de paris

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Tour Triangle : comment la ville de Paris a organisé en secret un montage ultrafavorable au promoteur Unibail Rodamco

L’ancienne directrice de l’urbanisme de Paris et ancienne première ministre   Elisabeth Borne ainsi que l’ancienne maire de Paris Anne Hidalgo ont-elles bradé Paris au groupe Unibail Rodamco Westfield au mépris de l’intérêt des Parisiens ?
Ont-elles manoeuvré pour éliminer sciemment les concurrents d’Unibail dans l’appel d’offre du Parc des Expositions de la Porte de Versailles ?
Les Parisiens ont-ils été lésés de 263 millions d’euros en payant des indemnités de préjudice au groupe Unibail alors que le projet de Tour Triangle bénéficie directement au groupe Unibail ?

La Tour Triangle, cette gigantesque  opération politico-financière portée par le groupe PS de Anne Hidalgo (et soutenue par son successeur Emmanuel Grégoire) et par le groupe PCF de Ian Brossat (oui le PCF !) est au cœur d’une information judiciaire ouverte en juin 2021 par le Parquet national  financier (PNF) pour « délit de favoritisme». 

Lisez ici l’enquête édifiante publiée par libération le 10 avril 2026

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«Il ne faut pas le dire» : comment la ville de Paris a organisé en secret un montage ultrafavorable au promoteur de la tour Triangle, Unibail

L’édifice, dont l’inauguration est prévue début janvier 2027, est-il le fruit d’une complaisance suspecte de la mairie de la capitale ? Alors qu’une enquête du Parquet national financier est en cours, «Libé» a pu consulter des échanges pointant le rôle joué par Elisabeth Borne et la Ville dans l’attribution du projet, il y a plus de quinze ans.

«Triangle sera bientôt la nouvelle destination qui rassemble et déborde de vie et d’énergie», peut-on lire sur le site internet du nouvel édifice en forme de pyramide, en cours de construction en lisière du Parc des expositions de la porte de Versailles, dans le XVe arrondissement de Paris. Avec 90 000 m2 de surface, 180 mètres de hauteur, 70 000 m2 d’espaces de travail, un hôtel de 128 chambres, une crèche de 60 berceaux et un centre culturel de 600 m2, cette tour de verre et d’acier, qui devrait ouvrir début 2027, métamorphose le paysage du Sud parisien. Et c’est le but. Avec le tribunal judiciaire de Renzo Piano (Paris XVIIe) et les tours Duo de Jean Nouvel (Paris XIIIe), la tour Triangle, imaginée en 2008 sous Bertrand Delanoë, correspondait encore à un idéal de transformation de la ville. Complexée par son absence d’immeubles de grande hauteur et désireuse de rivaliser avec ses rivales européennes, Paris souhaitait alors regarder Londres dans les yeux, à l’aune des JO de 2012.

Mais imposer un tel bâtiment dans une ville historiquement rétive aux tours nécessite temps, argent et espace conséquent – des conditions qui n’étaient pourtant pas réunies au moment de la signature de ce projet. Néanmoins, en 2008, en pleine crise des subprimes, la tour Triangle semble avoir bénéficié d’étonnantes largesses de la part de la mairie de Paris. Libération a pu consulter des courriels échangés entre Elisabeth Borne, alors directrice de l’Urbanisme à la Ville, et de hauts fonctionnaires de l’administration municipale entre avril 2010 et janvier 2011, au moment de la genèse du projet. Ils semblent étayer la thèse d’une complaisance suspecte dans l’attribution de la construction de ce bâtiment au promoteur Unibail-Rodamco-Westfield. L’opération aurait entraîné, selon Anticor, l’association anticorruption, une perte économique de plusieurs centaines de millions d’euros pour la capitale. Cette opération est au cœur d’une information judiciaire ouverte en juin 2021 par le Parquet national financier (PNF) pour «favoritisme», après des signalements effectués par Rachida Dati, maire LR du VIIe arrondissement en 2020 (alors qu’elle avait voté en faveur de sa construction), puis par Anticor.

«Que l’indemnité de résiliation soit connue à l’avance»

Retour sur le contexte politique de l’époque. L’idée de la tour Triangle apparaît en 2008 sur le bureau de Bertrand Delanoë, alors maire de Paris, grâce au directeur d’Unibail, Guillaume Poitrinal. Anne Hidalgo est alors élue du XVe arrondissement et première adjointe du maire en charge de l’urbanisme. Unibail est bien connu de la mairie, puisque ce groupe immobilier gère déjà le Carrousel du Louvre, la Galerie Gaîté et le Forum des Halles. L’extrême enthousiasme de Delanoë pour ce projet pyramidal, signé des architectes suisses Herzog & de Meuron, et partagé par son ex-adjointe pendant toute la durée de son mandat, s’explique de différentes manières : pour l’ancien maire de Paris, ce geste architectural symbolise le modernisme et incarne un grand potentiel de développement économique pour la capitale.

Depuis 2006, l’exploitant du Parc des expositions, où doit être érigée la pyramide, est le groupe Viparis – filiale commune du groupe Unibail et de la chambre de commerce et d’industrie de Paris. Une délégation de service public lie la Ville à Viparis, qui s’engage à entretenir le bien, à y réaliser des investissements durant la durée du bail à construction et à reverser à la municipalité une redevance, soit 40 % du résultat de son exploitation. Ce détail a son importance, car comme le révélera la chambre régionale de comptes d’Ile-de-France en 2020, la tour «crée une coupure au milieu du parc et réduit de manière significative la superficie du pavillon 1, qui offre les plus grandes surfaces de plain-pied en Europe et accueille les salons les plus emblématiques». En amputant la surface du parc de 12 %, la valeur en est réduite tout comme, mécaniquement, la redevance versée.

Les courriers dévoilés par Libération, rédigés en pleine réflexion sur le financement de la tour, sont particulièrement intrigants. Le 18 avril 2010 à 15h14, Elisabeth Borne écrit à plusieurs hauts fonctionnaires de la mairie en explicitant la démarche à suivre pour que le projet aboutisse le plus rapidement possible : «Sur le premier point, nous avons une solution pour Triangle qui est un BAC [bail à construction, ndlr] en gré à gré. […] Nous sommes convenus avec Anne Hidalgo qu’il fallait d’une part que la résiliation se fasse d’un commun accord entre la Ville et UR [Unibail-Rodamco], d’autre part qu’il fallait que l’indemnité de résiliation soit connue à l’avance, enfin que l’on ait un temps raisonnable pour attribuer un contrat de cette importance.»

«Je ne ferai aucun commentaire sur ce qui est dit ci-dessous»

En d’autres mots, Elisabeth Borne propose noir sur blanc de résilier de façon anticipée la concession du Parc des expositions en proposant à Unibail des indemnités pour le manque à gagner supposé de cette rupture précoce du contrat, soit 263 millions d’euros. Mais cette somme ne sera pas perçue par le groupe immobilier Unibail-Rodamco : elle servira plutôt à éliminer les autres concurrents. Lors du dépôt des dossiers du concours pour l’attribution du nouveau bail à construction du Parc des expositions de la Porte de Versailles, en septembre 2012, renouvellement indispensable à la construction de la future tour Triangle, un ticket d’entrée de… 263 millions d’euros sera demandé aux concurrents. Unibail n’aura qu’à «renoncer» à ses indemnités promises, tandis que les autres devront débourser la somme séance tenante. Un sacré avantage sur la ligne de départ. Dans la boucle des réponses au mail d’Elisabeth Borne, certains ont compris qu’avoir formulé les choses de cette façon pourrait susciter de sérieux risques juridiques. Plusieurs répondent : «Je ne ferai aucun commentaire sur ce qui est dit ci-dessous.»

Dans la précipitation de la mairie à lancer ce projet de construction, la directrice de l’urbanisme fait-elle preuve d’une fâcheuse propension à laisser des traces susceptibles de lui être reprochées ? Comme le Canard enchaîné l’a révélé l’an dernier, Elisabeth Borne faisait déjà parvenir le 9 février 2010 à quatre hauts fonctionnaires municipaux les étonnantes consignes qui lui ont été transmises par le directeur du développement d’Unibail : «Eviter de donner l’impression qu’on s’est concertés entre nous avant cette rencontre» ; «éviter de dire “on s’est mis d’accord avec Unibail”, mais dire plutôt “nous avons déjà expliqué tout cela à Viparis” ; ou encore «rester au maximum sur les arguments juridiques et éventuellement politiques qui ont justifié la position de la Ville».

Un autre mail, inédit jusqu’à présent, est du même acabit. Le 4 juin 2010 à 20h38, François Poupard, conseiller architecture, urbanisme, transport et environnement de Bertrand Delanoë, envoie à Nicolas Revel, directeur du cabinet du maire, à Elisabeth Borne, ainsi qu’à d’autres collaborateurs, un courriel dans lequel il détaille à son tour un déroulé pour faire passer la négociation. «La Ville fait son audit, cela justifie la rénovation et cale une valeur “canonique” [valeur d’entrée qui sera ultérieurement fixée à 263 millions d’euros] censée représenter la plus-value d’une rénovation, à percevoir [par la Ville] en flux ou en capital», écrit le conseiller, en précisant qu’«idéalement», cette valeur devrait intégrer le volume d’affaires raté par le promoteur. Et d’ajouter, à propos de ce dernier point : «Mais il ne faut pas le dire.»

Alertes ignorées sur les «risques juridiques»

Le mail de François Poupard trahit l’empressement du promoteur et l’épée de Damoclès que l’ensemble de ce curieux montage fait peser sur la Ville : «Ils [Unibail] insistent pour que la rencontre conclusive GP /BD [Guillaume Poitrinal /Bertrand Delanoë] ait lieu sans délai. J’ai dit qu’il nous fallait un peu de temps pour examiner les risques juridiques.» Malgré les nombreuses notes internes et alertes sur les «risques juridiques» d’une telle manœuvre, pour reprendre le mail de Poupard, le plan se déroule exactement comme prévu.

Elisabeth Borne semble pourtant consciente des dangers qu’elle et la mairie encourent en menant à bien un tel stratagème. Ce même 4 juin, à 23h17, toujours selon les mails dévoilés par Libération, elle répond à François Poupard et Nicolas Revel que «le risque est fort». Mais elle insiste : «Sur la révision du PLU [Plan local d’urbanisme], l’étape suivante est l’enquête publique. Cette enquête va être difficile. On va avoir des questions sur l’intérêt général, sur la performance du bâtiment… Bref, on va se payer l’UMP, les verts et toutes sortes de mécontents.» Traduction : pour que la tour Triangle puisse être érigée, le PLU doit être modifié, notamment sur la hauteur, car la ville de Paris n’autorise pas la construction de bâtiments de plus de 37 mètres.

Or pour modifier le PLU, un bâtiment doit être jugé d’intérêt général, ce qui n’est pas le cas de la tour Triangle, constituée majoritairement de bureaux. L’exécutif doit aussi obtenir le déclassement du terrain pour qu’il passe du domaine public au domaine privé de la ville de Paris, condition indispensable pour pouvoir signer, ensuite, un bail à construction sous contrat privé, celui du projet tour Triangle.

Dans les mois qui suivent ces échanges de mails, Borne et Hidalgo ont donc pour mission de convaincre les élus de voter pour ce déclassement au Conseil de Paris. Le 17 novembre 2014, la délibération relative au déclassement de la parcelle et au vote du projet tour Triangle est rejetée avec 83 voix contre et 78 pour, mais Anne Hidalgo déclare le vote nul en invoquant que «le secret du scrutin n’aurait pas été respecté». Le 30 juin 2015, le projet tour Triangle dans une deuxième version (avec l’ajout d’un hôtel) et le déclassement de la parcelle sont cette fois adoptés : 87 conseillers votent pour et 74 contre. Comment expliquer les quelques voix de plus, grapillées à droite et au centre ? L’enquête du PNF permettra sans doute d’y voir plus clair. Contactés, les hauts fonctionnaires en copie des mails échangés ainsi qu’Elisabeth Borne, Anne Hidalgo, Nicolas Revel, François Poupard et Unibail n’ont pas souhaité répondre à Libération.

Situation manifestement asymétrique

Revenons aux détails du concours. Le 13 septembre 2012, deux dossiers sont donc déposés pour l’attribution de la concession du parc : le premier par la société Viparis Porte de Versailles, et le second par le groupement GL Events/Wilmotte et associés. Les critères appréciés sont la qualité architecturale du projet, les investissements dans le parc et les montants versés à la ville de Paris. Comme le fera remarquer la chambre régionale des comptes d’Ile-de-France, l’ancien exploitant «bénéficiait à la fois de la connaissance technique du site, d’une position facilitée par l’impact de la résiliation anticipée de la concession et de son appartenance au même groupe que l’attributaire du bail à construction de la tour Triangle». Pour la redevance, Viparis propose de verser à la Ville 33 % de plus que GL Events. Comme prévu, la mairie autorise Viparis à renoncer à son indemnité de 263 millions d’euros sans avoir à débourser la somme, là où GL Events devait, pour concourir, la verser en intégralité. En février 2013, Borne quitte ses fonctions à la mairie. Cette situation manifestement asymétrique n’a pourtant pas arrêté l’exécutif et, en juillet 2013, les jeux sont faits : Viparis remporte officiellement le bail.

Après l’ouverture de la procédure pénale par le parquet financier pour «favoritisme», de nombreuses associations et collectifs de défenseurs de l’environnement et du patrimoine, ainsi que des riverains, adressent au PNF, en décembre 2021, une nouvelle plainte pour «délit d’octroi d’avantages injustifiés» – un chef d’incrimination qui n’a pas été retenu par le parquet. Alors que la construction de l’édifice débute en 2022, une perquisition se déroule le 20 juillet à l’hôtel de ville, y compris dans le bureau d’Anne Hidalgo, menée par des gendarmes de la section de recherches de Paris. En avril 2023, d’autres perquisitions sont réalisées chez Viparis et Unibail.

En avril 2025, les enquêteurs ont interrogé Elisabeth Borne, alors ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Aucune mise en examen n’a à ce stade été prononcée, mais l’information judiciaire est toujours en cours. A quelques mois de son inauguration, la justice n’en a pas fini avec la tour Triangle.

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Bétonisation de Paris : le candidat PS Emmanuel Grégoire défend le fiasco de la tour Triangle

Aberrant ! Sans aucun état d’âme, le candidat PS à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire met sur le même plan construction de crèches et construction d’une tour de bureaux de 180 m de haut. Et il aligne ensuite sans aucun complexe un ensemble de contre-vérités (par exemple la supposée densification par la hauteur alors que les quartiers d’immeubles haussmanienns à 6 étages sont bien plus denses que les quartiers de tours à 15 ou 40 étages – ou encore le fait que la tour Triangle permettrait de créer des espaces verts alors qu’elle a été construite en plus, sans libérer dans le Parc des Expositions des m² pour créer des nouveaux jardins). Il s’inscrit dans la même ligne urbanistique que la politique Delanoë-Hidalgo.  

https://www.bfmtv.com/paris/replay-emissions/capitale-2020/tour-triangle-a-paris-emmanuel-gregoire-defend-le-projet-controverse_VN-202111040496.html

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La polémique sur la Tour Triangle ne faiblit pas !

France 3 a réalisé un reportage sur l’avancement de la Tour Triangle. L’occasion de rappeler que ce projet a été réalisé sans appel d’offre ni concours d’architectes et que les habitants n’ont jamais été consultés.

Une plainte pour délit de favoritisme a été déposée par l’association Anticor en 2020. En avril dernier, le parquet financier auditionnait Elisabeth Borne, ancienne directrice de l’urbanisme à Paris.
« Une instruction a été ouverte au parquet national financier en 2021. On attend avec impatience que le procureur de la République financier décide d’ouvrir une procédure en jugement qui nous permettra ensuite de voir cette affaire jugée », espère Olivier Rigaud, cofondateur du Collectif contre la Tour Triangle.  »

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https://france3-regions.franceinfo.fr/paris-ile-de-france/paris/tour-triangle-un-projet-polemique-on-vous-ouvre-les-portes-de-ce-chantier-hors-normes-3238459.html

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Tour Triangle : Elisabeth Borne entendue dans l’enquête pour soupçons de favoritisme (avril 2025)

Alors que la construction de la tour Triangle se poursuit sans relâche porte de Versailles, l’enquête pour soupçons de favoritisme ouverte par le Parquet National Financier en juin 2021 se poursuit sans bruit comme le révèle le Canard Enchaîné du mercredi 2 avril 2025. Elisabeth Borne est entendue dans le cadre d’échange avec le promoteur Unibail Rodamco notamment avec Bertrand Julien-Laferrière, directeur du développement d’Unibail.

Rappelons que ce projet de bétonisation – sans appel d’offre et sans concours d’architectes – a été imposé aux Parisiens et Franciliens par Anne Hidalgo (PS Paris) et son allié Ian Brossat (PCF Paris) au bénéfice de la société Unibail Rodamco (Les Halles, Parc des Expositions de la Porte de Versailles, Parc des Expositions de Villepinte, Tour Triangle…).

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URGENT – Tour Triangle : une perquisition à la Mairie de Paris – 20/07/22

Une perquisition est menée ce mercredi 20 juillet à l’Hôtel de Ville de Paris dans l’enquête sur les soupçons de favoritisme dans la concession de la tour Triangle suite à l’information judiciaire ouverte en mars par le Parquet National Financier

#AnneHidalgo #Unibail #Anticor #PNF

La transparence de la Tour Triangle en question

A lire sur BFM TV – Perquisition tour Triangle Paris

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Tour Triangle : une information judiciaire ouverte pour des soupçons de favoritisme #AnneHidalgo #Unibail #Favoritisme #Anticor

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DES ASSOCIATIONS FNE IDF, SOS PARIS ET ADHAPE DU 20 MAI 2022

La Tour Triangle va-t-elle s’effondrer avant même d’être construite ? Le Parquet National Financier se saisit de la plainte pénale des associations ! 

Le PNF a instruit la plainte que les associations FNE IDF, SOS Paris, ADHAPE et la Conseillère de Paris Danielle Simonnet ont déposée le 13 décembre 2021 à l’encontre de la Maire de Paris et la SCI TOUR TRIANGLE pour délit d’octroi d’avantage injustifié sur le fondement de l’article 432-14 du Code pénal.

Parallèlement, le PNF a décidé de confier à un juge d’instruction la plainte déposée par ANTICOR sur les conditions de renouvellement anticipé de la concession du parc des Expositions de la Porte de Versailles.

Les associations se félicitent de cette décision, car c’est ce renouvellement anticipé qui a déclenché le processus de construction de la Tour Triangle.

Cette instruction entraînera-t-elle l’arrêt du chantier en cours ?

Malgré une très forte contestation et de nombreuses actions en justice, les associations n’avaient pu l’obtenir compte tenu de l’opportune loi sur les Jeux Olympiques limitant les droits de contester les projets urbains.

En décidant d’instruire la plainte, le Parquet National Financier ouvre la voie à la reconnaissance de l’analyse des associations qui considèrent qu’il s’agit d’un marché privé de la commande publique et non d’un simple « projet privé d’intérêt général », comme le soutient la Ville de Paris.

Cela aurait dû conduire à une mise en concurrence et non une attribution de gré à gré.

Nous considérons donc qu’il a eu violation directe du droit des marchés.

L’instruction en urgence est motivée au vu des conséquences difficilement réparables qu’occasionnerait la construction de la Tour Triangle.

Dans cette situation absurde, les associations requérantes en appellent à la sagesse !

Elles demandent à Madame Elisabeth Borne, Première ministre, de se saisir du dossier puisqu’elle avait elle-même soulevé les risques du projet dans une note interne à la mairie de Paris lorsqu’elle en était la directrice de l’urbanisme.

Elles demandent la suspension des travaux de la tour Triangle en attendant les conclusions du PNF.

Dans le Canard Enchaîné – mai 2022

 

Tour Triangle - Canard Enchaîné - mai 2022

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Le Parisien - Soupçons de favoritisme : la justice ouvre une information judiciaire sur la concession de la tour Triangle

France 3 - Tour Triangle à Paris : une information judiciaire ouverte pour des soupçons de favoritisme

Libération - Tour Triangle: la justice ouvre une information judiciaire après une plainte pour favoritisme 

Le Figaro - Tour Triangle à Paris: les investigations confiées à un juge d’instruction

BFMTV - Tour Triangle à Paris: une information judiciaire ouverte

bfm TV rebondissement judiciaire

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La tour Triangle : un projet d’urbanisme unanimement rejeté

Revivez l’intégralité du Conseil de Quartier Georges Brassens & Vaugirard/Parc des Expositions sur le chantier de la Tour Triangle du 9 mars 2022

La couverture faite par le Parisien du 10/03/2022

Tour Triangle à Paris - seuls contre tous, les promoteurs gardent leur cap

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Urgent – Réunion publique chantier Tour Triangle ce mercredi 9 mars 22

Réunion publique - Tour Triangle - mars 2022

Couverture de la réunion publique par BFM TV (-> voir)

« La construction de la tour Triangle a débuté le 9 février dernier. Et déjà, les habitants du quartier de la porte de Versailles n’en peuvent plus. Bruit, poussière. Et des camions par dizaines. De la colère et des inquiétudes qu’ils ont pu exprimer, ce mercredi soir, à l’occasion d’un conseil de quartier dédié à ces travaux à la mairie du 15ème arrondissement. »

Couverture de la réunion publique par Actu.fr (-> lire)

« Chantier dantesque », « hydre à cinq têtes »… Les mots n’étaient pas assez durs ce mercredi 9 mars 2022 pour décrire la Tour Triangle lors d’une réunion publique. Cette dernière qui s’est tenue en présence du promoteur, Unibail-Rodamco-Westfield, pour faire un point d’étape sur les travaux, qui ont débuté en février dernier.

Jean-Yves Pinet, adjoint en charge de la voirie, a d’ores et déjà déploré « la propreté qui laissait à désirer avec des tas de terre sur la voie publique, une piste cyclable déportée sur un passage piéton, neuf silos à béton installés alors que la Préfecture avait donné l’autorisation pour quatre et des stationnements illicites aux abords du site ».

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La réunion publique sur le lancement de chantier Tour Triangle est programmée ce mercredi 9 mars, de 19h00 à 21h00 en Salle des Fêtes de la Mairie du 15ème arrondissement (31 rue Péclet ; métro Vaugirard ; aile Vaugirard, 1er étage). La presse est également conviée. Elle se tient en présence de Philippe Goujon (Maire d’arrondissement Paris 15ème), Olivier Rigaud (Président Conseil de Quartier Georges Brassens), Jean-Yves Pinet (Adjoint en charge de la voirie), Vincent Jean-Pierre (Directeur immobilier Unibail Rodamco Westfield), Elias Raouf (Directeur de Projet Tour Triangle), Mourad Akl (Directeur général Tour Triangle)

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Pour rappel, la tour Triangle est un projet immobilier porté par Unibail-Rodamco-Westfield (Jean-Marie Tritant) et imposé aux habitants par la majorité Anne Hidalgo (PS) et Ian Brossat (PCF). Il est notamment financé par Axa (Thomas Buberl). Le PNF (Parquet National Financier) a ouvert une enquête pour des soupçons de favoritisme. La Cour régionale des Comptes a dénoncé le versement de 263 Millions d’euros par la Ville de Paris à Unibail-Rodamco-Westfield. Les actions contre la tour Triangle se poursuivent donc sur le terrain pénal.

chantier tour Triangle - Anne-Hidalgo

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A voir aussi : le reportage de la journaliste Delphine Perez du Parisien.

https://www.leparisien.fr/video/video-on-nest-pas-a-new-york-ici-je-ne-veux-pas-de-cette-tour-le-chantier-gigantesque-de-la-tour-triangle-exaspere-les-habitants-08-03-2022-SUGL3DOYPJHJJEIFOCIKQD4K6A.php?xtor=AD-366

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